La lande ou l'errance d'un massif apprivoisé
Publié le 22 Mars 2014
La création d'un massif au jardin est toujours une belle aventure qui raconte des envies de couleurs, de plantes, d'ambiances et de paysages.
Aujourd'hui c'est le massif de "la Lande" que nous allons vous conter.
A l'origine de ce massif, des souvenirs de randonnées dans les monts d'Arrée dans une Bretagne intérieure couvertes de landes centenaires et de lambeaux de forêt primaire.
Nous avions été saisis par la puissance de cette beauté sauvage et chaotique avec les sentiments mêlés d'un début ou d'une fin de monde.
C'est en 2009 que le projet de la Lande est né avec l'idée de créer un massif de plus de quarante mètres de long dans un champ de ray grass et de pissenlits.
C'est dans ces moments que l'on a l'impression de se retrouver dans une barque perdue au milieu de l'océan.
Combien de fois a t'il fallu sauver les bruyères étouffées par le liseron et l'herbe ? Sans parler des lapins qui ont fait de nous les rois de la construction de filets de protection.
Heureusement les pissenlits étaient là pour animer la scène encore imperceptible.
Eté 2011, la technique évolue et on utilise paillage et broyage à la fois pour visualiser le massif à venir et surtout éviter la prolifération de l'herbe. Le massif n'a jamais été labouré. La terre n'est travaillée que pour le trou de plantation ce qui évite la remontée des semences en dormance.
Mars 2014, quelques dizaines de bruyères plus tard associées à plus de cinquante rosiers paysages et couvre sol, un vingtaine de conifères et moults graminées entre autre, la Lande enfin paraît et s'étire dans le paysage.
Elle est devenue la colonne vertébrale d'une partie du jardin et imprime sa présence autant l'hiver que l'été.
Le spectacle assuré en hiver par les bruyères darleyensis, les graminées et les conifères est relayé en été par les rosiers, les bulbes et autres graminées.
Parlant graminées mention spéciale à la stipa arundinacea qui met du temps à s'installer mais dont le graphisme et les couleurs sont remarquables dans le soleil hivernal.
Le massif a été volontairement construit de manière aléatoire, à la fois dans ses contours mais aussi dans les plantations pour privilégier un caractère sauvage et spontané.
Lorsque les prunus sont en fleurs, la Lande se japonise, mêlant le monde du couchant au pays du levant.
Dans chaque jardin, dans chaque massif, on raconte tous des histoires. Le jardin n'est il pas notre journal intime ?