48 heures chrono
Publié le 11 Octobre 2015
Vendredi destination la Bretagne à l'appel du vent iodé et de la douceur de la côte morbihanaise aux environs de Carnac. Ils sont rares les temps où l'on fait des infidélités à notre jardin et c'est en catimini que l'on est parti.
Sur la plage abandonnée coquillages et crustacés qui l'eût cru déplorent la perte de l'été mais Brigitte ne connaissait sans doute pas les graminées qui dans le soleil d'octobre rivalisent d'éclat avec les reflets d'une mer bleutée.
Quel plus beau paysage pour un jardinier que celui d'une nature épurée, graphique comme l'ébauche d'un monde en devenir ou finissant.
Les dunes prennent des couleurs dorées où chaque tige, chaque brin d'herbe pigmente le paysage. S'en sont allés les parasols et les maillots colorés, les clameurs des baigneurs et les effluves d'ambre solaire.
Les petites herbes et les mousses ont retrouvées leur chemin après de longues semaines de piétinements de tongues et de sandales tandis que la lagure ovale n'a plus peur de finir en bouquet.
Et puis garder jusqu'au plus profond des yeux la lumière vibrante, les lignes qui se floutent, s'emmêlent et les surfaces qui s'émoussent. De quoi émoustiller l'imaginaire pour de nouvelles créations au jardin.