Le prieuré de Vauboin, là où un jardinier fait s'émouvoir les buis
Publié le 20 Juin 2015
C'est au cours d'une sortie entre amis jardiniers que nous avons découvert aux confins de la Sarthe et de la Touraine, le Prieuré de Vauboin, une rencontre dont personne n'est sorti indemne et à cela plusieurs raisons.
Un site idyllique comme un trou de verdure traversé par un ruisseau et protégé par les collines environnantes.
Un bâti plusieurs fois centenaire d'une majestueuse simplicité et porteur d'histoires.
Une osmose spirituelle entre un jardinier et son jardin.
C'est autour d'un café que les premiers mots s'échangent tandis que nous nous imprégnons de la plénitude et du charme du lieu.
Les regards effleurent les premières formes des buis taillés et se déposent dans les panaches immaculés d'une gigantesque clématite montana alba.
Et pour encore mieux perdre pied avec le réel c'est un ruisseau que l'on voit alors franchir le seuil d'un porche.
Nous sommes maintenant en condition pour suivre notre guide jardinier et son chemin de pensées. Un chemin conçu comme un hortus conclusus qui déroule la vie comme un labyrinthe où se cotoient le bien et le mal.
Tandis qu'à l'opposé s'est construite l'espérance d'un paradis sous la forme d'un damier de topiaires de buis transfigurées par des cerisiers taillés en plateau dont la floraison hélas nous avait devancés.
Comme une broderie vivante le fil d'Ariane se déroule sous nos pieds dans la structure d'un savant dédale. C'est une alchimie entre végétal et géométrie qui s'opère sous nos yeux et qui raconte l'essence de l'existence d'un jardinier comme un parcours initiatique.
Nous gravissons ensuite le plateau de buis centenaires, là où le jardinier s'est fait sculpteur, là où la topiaire est devenue statuaire.
C'est dans un discours plein d'exaltation que le jardinier nous livre sa quête du beau et de l'art de la taille.
C'est au sommet de la colline que nous découvrons l'apogée de son art sur un lieu baptisé Chapelle et où les buis se sont faits saints et où la taille sert le sacré.
Merci de nous avoir permis d'approcher votre chemin de spiritualité, nous y avons compris que le jardin pouvait être une quête et un sens que l'on peut donner à la vie.